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Ă€ propos du manifeste...

(5 messages)
  1. Sentez-vous libres de commenter ici les différents aspects que j'évoque dans mon Manifeste.

    Posté il y a 10 années #
  2. Alban Rveill
    Membre

    Bonjour,

    À la lecture de votre manifeste, deux questions me viennent à l'esprit.

    Dans l'hypothèse où vous arriveriez à poser candidature et que vous soyez élu député européen. Dans quelle mesure pensez-vous vous dévouer entièrement à ce poste ? Autrement dit, qu'en est-il de votre profession actuelle ?

    Pourquoi la révolution numérique s'inscrit-elle nécessairement dans la construction européenne plutôt que nationnale ? Autrement dit, pourquoi cherchez-vous à vous engager dans la vie politique européenne ? Est-ce utile pour mener à bien ce combat que vous menez ?

    Cordialement,

    Posté il y a 10 années #
  3. Bonjour,

    Tout d'abord, excusez-moi de mon retard à répondre ; je me suis surtout consacré au site ces derniers jours, et ai négligé d'aller voir sur le forum. Promis, je ne le ferai plus ! :-)

    Très bonnes questions.

    Concernant mon emploi, je ne suis partisan ni du cumul des mandats, ni de celui des emplois. Pour l'avoir vu de l'intérieur, le mandat de député européen est un métier plus qu'à plein temps, et je compte donc m'y consacrer totalement. Je demanderai pour cela une disponibilité au Ministère (congé sans solde de longue durée).

    Concernant la deuxième question, il faut savoir qu'actuellement près de 60 % des textes qui s'appliquent à nous sont d'origine communautaire, après transposition en droit français. Même si le Parlement européen n'a pas d'initiative légslative (ce rôle est celui de la Commission), son rôle dans l'élaboration législative est considérable, car les textes produits s'imposent à tous les États membres.

    Un exemple représentatif récent est l'examen par le Parlement Européen du "paquet télécom", renégociation d'un ensemble de directives s'appliquant au secteur des communications. Certains lobbyistes des industries du contenu y avaient fait insérer des amendements hors propos, orientés "contenus" et non pas "tuyaux", afin de paver la voie à la mise en oeuvre de la "riposte graduée" (surveillance généralisée des communication et coupure de l'accès Internet) dans tous les pays de l'Union, même ceux ayant déjà refusé cette pratique (la Suède, par exemple). Voir par exemple :
    http://www.pellegrini.cc/works/note_telecomp_20080704_fr_3.pdf

    L'introduction puis le vote massif en première lecture de l'Amendement 138, dit "amendement Bono" (co-signé par Bono, Cohn-Bendit, Fjellner, Rocard, etc) a au contraire rappelé que la "riposte graduée" ne pouvait s'appliquer car étant contraire au droit à un procès équitable, à la grande fureur du Ministère de la Culture et de M. Sarkozy, qui a personnellement écrit à M. Barroso pour que la Commission retire cet amendement voté par près de 90% des Eurodéputés.

    M. Barroso ayant refusé de le faire, la France a (ab)usé de son statut de présidente de l'Union à cette époque pour que l'amendement soit censuré par le Conseil. Cette manoeuvre a indisposé les eurodéputés, et cet amendement sera donc déposé à nouveau en deuxième lecture.

    Comme dans le cas des brevets logiciels, c'est le Parlement européen qui a dit le droit et rappelé les principes fondamentaux, alors que les parlements nationaux, plus proches de leur exécutif national (quand ils ne sont pas sous leur contrôle direct) n'ont souvent que peu de marge de manoeuvre politique.

    Le Parlement européen est donc un élément clé du maintien de nos libertés, numériques ou autres.

    D'où mon désir d'y officier.

    En espérant avoir répondu à vos questions,

    Cordialement,

    f.p.

    Posté il y a 10 années #
  4. zoobab
    Membre

    L'Union Europeenne est-elle une democratie? Comment cela se fait-il que l'executif (les gouvernements) soit aussi legislateur (le Conseil)? Quelle est votre position et vos propositions de solutions pour resoudre ce probleme de la separation des pouvoirs?

    Posté il y a 10 années #
  5. Ouh-la ! Ce sont des questions éminemment difficiles que vous me posez là. Je ne suis pas grand spécialiste de l'histoire de la construction européenne, mais je vais essayer de vous brosser la vision que j'en ai.

    Suite au désastre de la deuxième Guerre Mondiale, l'arrière-pensée des fondateurs de la CECA puis de l'Union européenne a été l'intégration, afin de créer un sentiment d'identité communautaire empêchant que ressurgissent les conflits du passé. On combat l'"autre", pas "soi".

    Cependant, la construction d'un système politique européen suppose une perte au moins partielle de souveraineté de l'échelon national, les États, au profit de ce nouvel échelon supra-national. Le "principe de précaution", ainsi que le refus de la perte, jouant également au niveau des Nations, bien des freins ont été mis à l'émergence de ce nouveau pouvoir dans lequel les États craignaient que leurs intérêts propres ne se diluent. Le Conseil est un tel mécanisme, puisque ses membres en sont justement les représentants des États, et en son sein existent la règle de l'unanimité et la possibilité de vétos d'États isolés. Le parcours complexe des directives européennes, proposées par la Commission puis amendées par le Parlement et le Conseil, est un autre de ces freins, à l'autonomie de l'exécutif et du législatif.

    Donc, l'Union Européenne est-elle une démocratie ? Non. Mais justement : c'est une démocratie en devenir, et c'est un projet qui doit susciter l'adhésion de tous les citoyens de l'Union, car seule cette intégration pacifique nous permettra de fédérer efficacement nos énergies pour relever les défis de plus en plus importants auxquels l'humanité entière doit faire face : accès à l'eau, à la nourriture, à l'énergie, à l'éducation, respect de notre écosystème.

    Plaçons-nous à l'échelle non pas d'une mandature, non pas d'une vie, mais de plusieurs. Combien de temps a-t-il fallu pour que les habitants de la Bourgogne, de l'Aquitaine, de l'Ile-de-France, ... au delà des soudaines annexions matrimoniales ou militaires, se forgent une communauté de destin à travers la reconnaissance et l'acceptation de leurs particularismes, et ressentent leur appartenance à cette communauté plus large comme un avantage suffisant pour renoncer à une partie de leurs prérogatives locales ? Cela est affaire de générations.

    Nos enfants comptent en Euros et appréhendent naturellement la valeur des choses dans ce système de référence, alors que nos grands-parents ont encore besoin pour certains d'évaluer en anciens Francs. La construction européenne sera une évidence pour les générations suivantes si elles en perçoivent tangiblement les bénéfices. Ce n'est qu'à cette condition qu'elles pourront envisager, parce que cela sera plus pratique d'un point de vue organisationnel, d'affaiblir voire de faire disparaitre la fonction jouée par le Conseil, et de transformer la Commission en un véritable exécutif démocratiquement élu, ce qu'elle n'est assurément pas. Ceci ne se fera selon moi que progressivement, en exploitant des opportunités politiques découlant d'événements à venir que je ne peux prévoir. Je ne pense pas vivre assez vieux pour le voir, mais comme pour les bâtisseurs de cathédrales cela n'empêche pas d'ajouter sa pierre à l'édifice.

    Posté il y a 10 années #

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