Faire de l’Aquitaine une société numérique ouverte

janvier 5, 2010

Au moment où va débuter la campagne électorale des Régionales, il me semble nécessaire d’exposer les motivations de mon engagement sur la liste d’Alain Rousset pour l’Aquitaine.

J’ai souhaité lui apporter mon concours parce que j’ai eu de nombreuses occasions d’apprécier sa politique, dans laquelle je me reconnais. Son bilan parle de lui-même (vous pouvez aller le consulter sur son site de campagne) : réduction de moitié de la dette laissée par son prédécesseur de Droite, et malgré cela investissements massifs dans ce qui fait l’ossature de la Région : ses infrastructures de communication (TER, lignes ferroviaires trans-nationales), sa recherche (première Région de France pour l’investissement dans ce domaine !), son développement économique, dans le respect de la qualité de vie de ses habitants et de l’environnement.

S’il a pour sa part considéré favorablement ma candidature, c’est parce que, à travers les quelques discussions que nous avons pu avoir, il a immédiatement su apprécier les bénéfices que la révolution numérique peut offrir à tous les Aquitains (Alain Rousset est technophile, c’est assez rare à cette place pour être souligné), et adhéré à la vision d’une société numérique ouverte, celle à laquelle je crois et que je souhaite contribuer à faire éclore, au sein de son équipe.

La révolution numérique doit profiter à tous

Près du tiers de la population Française n’est pas encore connectée à Internet, et ceux qui y ont accès n’en tirent que très inégalement bénéfice. Pourtant, les réseaux sont le lieu de nouveaux usages aux impacts sociaux considérables : recherche d’emplois, de biens et services, mais aussi explosion de la mise à disposition des contenus auto-produits, et de l’accès à l’information. Dans ce nouvel espace, la puissance publique a un rôle moteur essentiel à jouer, en terme de régulation parfois, mais surtout d’incitation et d’exploration, avec la mise à disposition des citoyens de services nouveaux.

En ce domaine, l’innovation n’est certes pas venue du gouvernement. Son seul effet d’annonce fut la création d’un « secrétariat d’État à l’économie numérique », confié à une femme jeune et dynamique, Mme Kosciuzko-Morizet, par ailleurs conseillère régionale aux abonnés absents, mais réduite en l’espèce à jouer les utilités, incapable qu’elle est de s’exprimer ouvertement sur des dossiers de société majeurs, tels qu’HADOPI, de peur de perdre immédiatement sa place.

On passera sur la myopie idéologique consistant à réduire la révolution numérique à ses seuls aspects économiques. Les bouleversements sociaux qu’elle amène font peur à une Droite enkystée dans sa volonté de contrôle absolu de l’information, au point que nombre de ses représentants, à l’image de M. Myard, souhaitent ouvertement un Internet « nationalisé », « comme en Chine ».

Aucune des questions essentielles qui façonneront la société à venir n’ont été traitées de façon satisfaisante, qu’il s’agisse de la neutralité des réseaux et des droits des usagers, de l’interopérabilité, ou des mécanismes de diffusion et de rémunération de la création. Seule a primé la préservation du status quo et des rentes établies. Je pense qu’une autre politique est possible, et que la révolution numérique doit profiter à tous.

Un projet pour l’Aquitaine

L’État se désengageant des politiques sociales et d’infrastructures, ces dossiers ont été pris en charge par les collectivités (sans pour autant que l’État leur en transfère les moyens financiers, d’ailleurs). De fait, par sa taille et son rôle, la Région représente l’entité idéale pour la mise en place d’une politique publique numérique globale aux retombées sociales diversifiées.

Il s’agit de faire de l’Aquitaine la région la plus en pointe sur les technologies numériques, pour accroître le bien-être de ses habitants, la compétitivité de ses entreprises, et le service rendu par ses collectivités.

Pour cela, les politiques mises en œuvre seront déclinées pour irriguer l’ensemble des pans de la société. Elles concerneront en particulier :

  • la lutte contre l’innumérisme, qui touche les plus démunis, ségrégation comparable par ses effets à l’illettrisme pour l’accès au savoir, aux emplois, à l’administration ;
  • la création de services numériques à la personne innovants, visant tout particulièrement les personnes âgées et le milieu rural, que les technologies numériques doivent contribuer à désenclaver en réduisant le coût écologique des déplacements inutiles ;
  • la rationalisation de la dépense publique et l’efficacité de son action, par la mise en œuvre de politiques d’équipement à coût réduit, avec mutualisation des développements et acquisitions de logiciels, en ayant recours aux logiciels libres autant que possible, et en s’appuyant sur des formats de données ouverts.

Le programme d’Alain Rousset pour la prochaine mandature est en cours de définition, et sera bientôt disponible. Il sera ambitieux et innovant sur les aspects numériques, à l’image de notre Région.

One Response to “Faire de l’Aquitaine une société numérique ouverte”

  1. Bonjour

    je crois également que l’accès au numérique pour tous est un sacré enjeu et pas seulement économique. Au niveau des établissements scolaires par exemple, des compétences existent. Dans le programme de la liste d’Alain Rousset dont vous faites parti, il est proposé « la Région généralisera l’environnement numérique de travail dans les lycées: les cours, les notes, les correspondances et les informations seront en ligne ». Il existe déjà des logiciels libres qui ne demandent qu’à profiter de l’appui de la région pour assoir leur savoir faire. GEPI (dont je suis un modeste contributeur) est déjà intégré à l’ENT aquitain ARGOS et propose un accès aux parents et aux élèves pour leur notes, leur cahier de textes numérique, … Une véritable politique locale (région et pourquoi pas les départements) serait utile en lien étroit avec le rectorat et ses services. Ces compétences existent, il faut s’en servir.

    En espérant vous rencontrer un jour pour parler de tout cela

    Cordialement

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