L’HADOPI : elle ne passera pas par moi !

janvier 12, 2010

Sous un gouvernement de Droite, les Ministres de la Culture sont des consommables. Le turnover est excessivement important à ce poste, car la fonction sert juste de cache-sexe aux intérêts des lobbies de la grande industrie culturelle. Le seul rôle des officiants est de porter des législations favorables à certains intérêts particuliers, puis de prestement disparaître une fois que suffisamment d’impopularité aura été cristallisée sur leur nom.

Nul ne connaît encore la mission attribuée à l’actuel avant la mise à feu du siège éjectable. Peut-être ira-t-il jusqu’à l’instauration d’une taxe supplémentaire sur les cartouches d’imprimantes, ou la taxation des oeuvres du domaine public, deux des insanités présentes dans le rapport « Zelnik », le nouveau machin commandé par notre hyper-Président au patron du label qui signe son épouse pour prolonger la survie des anciens modèles économiques de l’industrie culturelle. Car il s’agit bien de cela, en particulier à travers la proposition d’une carte « musique en ligne », payée à parts égales par l’internaute et l’État. Ceci reviendrait à faire financer par le contribuable les marges faramineuses des sites de musique en ligne, qui font payer 1 euro à l’internaute un titre dont 7 centimes au mieux sont reversés aux interprètes, alors que l’éditeur n’a plus a supporter aucun des frais liés à la fabrication et à la distribution des supports physiques.

En tout cas, sur l’ordre de mission du Ministre figure assurément la mise en route du golem HADOPI, dont la création a été officialisée, accompagnée de l’annonce que les premiers courriels d’avertissement partiront entre avril et juillet.

Cependant, rien n’est encore connu concernant les moyens qu’auront les internautes de prouver leur bonne foi. En particulier, les spécifications des fameux « logiciels espions omniscients » chargés de dégager les gentils internautes de toute poursuite sont encore dans les limbes. J’avais déjà expliqué en quoi les informations apportées
par ces logiciels ne pouvaient aucunement constituer des preuves, car bien aisément falsifiables
, et le danger que ces logiciels espions représentaient en réalité pour la sphère privée des individus. Néanmoins, ils sont inscrits dans la loi comme rempart possible. Et vu que nous sommes déjà en janvier, j’imagine mal que ces logiciels soient disponibles pour avril, date à la quelle sont prévus les premiers courriels d’avertissement. Il y a donc fort à parier que les internautes se feront une joie de contester la validité des courriels envoyés, qui font grief car concourant à la suspension future de leur abonnement, sur le fait que le gouvernement, tout pressé qu’il est de montrer les dents, aura vidé la loi de toute possibilité de recours.

Et c’est là où la vraie nature de cette loi apparaît. Arbitraire par essence, supprimant toute possibilité de recours aux accusés, elle peut facilement être détournée en outil d’ostracisation à l’encontre des internautes irrévérencieux. Lorsque la loi est inique, et bafoue les droits élémentaires des citoyens, il est du devoir de ceux-ci de s’en protéger. C’est le sens de ma contribution au concours de détournement du logo de l’HADOPI, activité collective jubilatoire face à un logo au gros nez rouge si évocateur.

Puisqu’aucune communication électronique n’est à l’abri d’écoutes massives, et que l’accusation arbitraire ne peut être contestée, le recours aux solutions d’échange chiffrées, telles qu’enigmail pour le logiciel de messagerie Thunderbird, est une nécessité. Entre autres. Ce n’est qu’en recourant au chiffrement de l’ensemble de ses communications qu’un internaute pourra en toute bonne foi rejeter toute accusation de l’HADOPI, celle-ci ne pouvant plus arguer de la reconnaissance d’œuvres au sein des flux échangés. L’HADOPI : elle ne passera pas par moi.

Remix logo HADOPI avec un préservatif à la place du "o"

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