Le joyeux combat

février 22, 2009

Désolé de ces deux semaines de silence sur mon site.

Me battre pour la préservation des libertés numériques est, pour le moment, juste un «hobby», vu que mon emploi principal est celui d’enseignant-chercheur (j’ai néanmoins promis de l’abandonner, au moins temporairement, si j’étais élu – non au cumul ! ;-) ).

Sur ce front aussi, je me retrouve mobilisé, vu que le gouvernement, à travers la loi LRU, souhaite m’empêcher de faire correctement mon métier :

  • réduction majeure des postes dans les universités ;
  • dans le même temps, réduction cachée des montants alloués aux universités  (celles-ci devant maintenant prendre à leur charge certaines cotisations sociales du fait du désengagement de l’État) ;
  • hyper-inflation du pouvoir du président de l’université au détriment des comités nationaux élus par les pairs, propice au mandarinat et aux tractations locales (toute ressemblance avec la situation nationale semble peu fortuite) ;
  • création de rivalités contre-productives entre collègues au nom de la «starisation» de certains, par la création de «chaires d’excellence» rares et mieux payées, dont les titulaires auraient moins d’enseignement à faire, le déficit devant être compensé gratuitement par leurs collègues au travers de la «modulation des services». Le bling-bling appliqué aux universités, c’est un peu court comme politique de la recherche ;
  • et bien d’autres horreurs…

Le mépris avéré du gouvernement pour les chercheurs et l’autonomie de la pensée, exposé à coup de mensonges et de caricatures grossières, illustre les intentions cachées de la loi LRU : asservir la recherche au pouvoir politique. J’incite tous les citoyens concernés par l’avenir de notre société à s’informer sur les enjeux et à soutenir les chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels associés qui dédient leur vie à l’avancée des connaissances pour l’amélioration du bien-être commun.

L’accumulation des attaques de la droite sarkozienne contre tous les acteurs de la vie sociale est manifeste. En dénigrant les valeurs de solidarité et de collaboration au profit du rejet de l’autre et de la loi du plus fort déguisée en une compétition prétendument «saine», elles visent à rendre les individus incapables de lutter collectivement contre les abus de pouvoir et la dérive autoritariste du gouvernement.

Il ne faut pas baisser les bras, mais au contraire tisser de façon encore plus solide ces liens qui affirment notre humanité commune face à la brutalité de l’arbitraire. J’ai fait mienne l’idée du «joyeux combat» professée par Alexandre Jollien : puisqu’il faut lutter, faisons-le ensemble, joyeusement, contre la sclérose mortifère de la pensée et la néo-féodalisation de la société.

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